L’homme sans fièvre

Ou L’homme sans vulnérabilité.

Quand Montaigne parle de son corps, il parle de ses douleurs.

Aujourd’hui notre culture nous invite au dégout de notre corps.

La culture fabrique un idéal du corps incompatible avec la maladie.

La santé parfaite est à la fois une obsession et une impossibilité.

 Le COVID convoque la vaccination comme un régulateur qui alimente l’imaginaire collectif  . La vaccination vient répondre à tous les maux de l’existence.

La vaccination viendrait prendre en charge toutes les vulnérabilités, nous invitant à renoncer à ce que le patient soit sujet de sa guérison.

La vaccination viendrait dissoudre tous les problèmes sociétaux et cimenter le bon vivre ensemble.

 La vaccination serait la promesse d’une bonne santé accessible à tous.

 La sante est devenue un devoir et un travail. Toute personne malade serait assignée à celui de mauvais citoyen voire délinquant.

On vaccine avant même d’être malade. On se préoccupe de son corps avant même que son corps nous fasse signe. Nous sommes donc malades de notre santé.

L’illusion de tout contrôler de son corps avec les technologies, ces media techniques qui portent un jugement sur ce qui devrait être une connaissance intime de son corps. C’est un corps qui a l’apparence de la santé qui doit rester jeune, le corps âgé n’existe pas. Il est remodelé.

Le médecin quant à lui renonce à réparer ce vivant et se réfugie dans les téléconsultations. Il devient le fossoyeur de son propre métier. il contribue à sa disparition au profit de l’IA.

Les médecins sont devenus dans cette crise du COVID des assureurs. Ils se sont charges de gommer toutes les incertitudes autour de la vaccination. Ils ont laissé croire à la haute performance de la vaccination.

Cette médecine prédictive augmente le désarroi des patients et les laboratoires pharmaceutiques y trouvent un marché de l’angoisse de l’anxiété. 

 Le big data en médecine est une forte préoccupation. Toutes les sphères sont envahies par le big data.

 Comment cela va -t-il évoluer ?

 La fragilité et la vulnérabilité sont un attelage qu’implique le respect du secret de l’intimité.

L’autonomie du patient est une exigence violente s’il n’a pas le choix de décider.

Soigner sans faire souffrir c’est intégrer le consentement du patient.

Soigner sans guérir s’est humaniser l’accompagnement et y exclure toute violence de la réalité des corps malades. 

Quand au refus de soigner des non vaccines c’est dénaturer le mot hôpital qui dérive d’hospitalité. Les chevaliers de malte font devant l’épreuve de la peste vœux d’hospitalité et inventent l’hôpital . La politique a eu besoin de figures détestables pour mobiliser un électorat de citoyens vaccines. On se rend compte que c’est contreproductif. Le cercle le plus vertueux est de redonner aux médecins généralistes le gout du secret médical et aux patients celui de gouverner leur trajectoire de vie avec un consentement ou pas éclairé…